Le Mariage
La circoncision : obligatoire avant le mariage ?
L’imam Muslim rapporte dans son recueil authentique selon notre mère, seydatouna Aïcha, qu’Allah Le Très Haut l’agrée, que notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, a dit: « Dix choses font parti des pratiques qui relèvent de l’ordre du naturel : tailler sa moustache, laisser pousser sa barbe, Se brosser les dents, Se laver les narines, se couper les ongles, se laver les nodosités des doigts, s’épiler les poils des aisselles et du pubis et se laver les émonctoires ». Mos’ab Ibn Chayba, le narrateur de ce hadith dit : « J’ai oublié le dixième, à moins qu’il ne s’agisse du rinçage de la bouche. » Muslim
Ce hadith justifie le consensus des oulémas des quatre écoles juridiques quant au caractère préférable de la circoncision même si, cette recommandation ne se rapproche ni de près ni de loin de l’obligation. Quant au converti, qui vient d’embrasser la foi musulmane, rien ne l’oblige donc à se faire circoncire. Et ceci, en aucun cas, ne pourrait empêcher le mariage comme le pensent certains. Il faut souligner que nombre de compagnons non qurayshis ne se sont pas adonnés à cette pratique après leur conversion (la circoncision est une tradition chez les tribus sémites).
Toutefois cette réponse ne saurait remettre en cause le caractère fort souhaitable de la circoncision.
Récitation de la Fatiha lors du mariage
La lecture de la sourate Al Fatiha n’a rien à voir ni de près ni de loin avec la validité du mariage. D’ailleurs pour le mariage, elle ne relève point de la recommandation pour ne pas parler de prescription. Toutefois, la réciter dans l’optique de s’adonner à la lecture coranique ou pour invoquer Allah n’a rien d’une innovation. Notre maître le prophète, paix et salut sur lui, dit : « Celui qui récite une lettre du Livre de Dieu aura une bonne action qui sera décuplée. Je ne dis pas que "Alef, Lam, Mim" sont une lettre mais "Alef" (A) est une lettre, "Lam" (L) est une lettre et "Mim" (M) en est une autre.» (Tirmidhi). Il est aussi rapporté que Seyidna Abou S’aid al Yu’la, que Dieu l’agrée, l’a lue pour guérir un chef de tribu et le Prophète ne lui a pas interdit. (Bukhari)
Se marier au cours d’une grossesse ?
La nullité d’une union islamique célébrée alors que la concernée est enceinte est consensuelle selon les douze écoles juridiques musulmanes toutes tendances confondues et ceci, jusqu’après l’accouchement et pour certains jusqu’à arrêt total des lochies.
Etudiant vivant chez mes parents, puis-je me marier ?
Allah L’exalté dit dans le Coran : « Et que ceux qui n’ont pas de quoi se marier gardent leurs chastetés jusqu’à ce qu’Allah les enrichisse par sa grâce » s.24 v33, et notre maître le prophète, paix et salut sur lui dit : « Ô jeunes gens ! Celui d’entre vous qui se sent capable d’entretenir un foyer, qu’il se marie donc, car le mariage est plus à même de retenir les regards et de préserver la chasteté. » (Boukhari). De ces sources, il apparait clairement qu’il est plus souhaitable pour celui qui n’est pas encore autonome financièrement de patienter jusqu’à ce que sa situation change. Toutefois, si on ne préfère pas patienter considérant que la précarité n’empêche pas de vivre son amour et que certains proches pourront nous donner un coup de pouce en attendant alors, il n’y a pas de mal à se marier. Allah Le Très Haut dit dans la sourate Nour : « Mariez les célibataires d’entre vous et les pieux parmi vos servants ; hommes et femmes, s’ils sont pauvres, Allah les rendra riches par Sa grâce. » s.24 v32.
Tuteur et non pratiquant !
Hormis l’école hanafiya, les trois autres écoles sunnites considèrent le tuteur comme condition de validité du mariage d’une femme qui, auparavant n’a jamais connu le mariage. Cependant, les oulémas sont unanimes sur la validité d’un tuteur non pratiquant du moment qu’il est musulman car le péché ne fait pas perdre à l’Homme ses droits civiques et civils.
Parents non musulmans lors de la cérémonie.
Lors de la cérémonie du mariage islamique, tous les parents, les amis, collègues, tous ceux dont nous avons jugé leur présence importante pour nous, peuvent assister et ceci en dépit de leur religion et de leur appartenance idéologique. C’est un choix qui est laissé entre les mains des concernés.
Mariage avec un(e) chiite
Rien n’interdit le mariage entre chiites et sunnites. Il faut savoir que ce qui nous unit est beaucoup plus important que nos points de divergence et là où l’islam n’interdit pas aux hommes d’épouser des non musulmanes, chrétiennes ou juives, il serait illogique d’interdire le mariage avec des musulmanes chiites ou sunnites. Par contre, on ne peut pas en vouloir aux hommes de chercher l’âme sœur qui ressemble à leurs aspirations, à leurs modes de vie et à leurs idéaux. Sous ce registre là, tout est compréhensible.
Qui peut célébrer le mariage religieux ?
Différemment de ce que pensent beaucoup de personnes, tout musulman majeur si on le sollicite est habilité à célébrer une union islamique, à condition d’en connaître le déroulement et les règles. Cependant confier cette tâche à un homme de sagesse, de science et d’expérience, c’est-à-dire un imam, est beaucoup plus souhaitable et même parfois requis dans les pays où le code civil est islamique. C’est entre autre le cas de l’Egypte où l’imam fait fonction d’agent d’état civil.
Qu’est-ce que la dot ?
La dot est un présent que l’homme offre obligatoirement à la femme pour le mariage. Cette dot peut être financière, matérielle voire même spirituelle car, il est rapporté dans plusieurs sources authentiques que notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, a accepté comme dot la récitation de quelques versets coraniques. (Bukhari)
Il faut souligner que, contrairement à certaines coutumes, la dot n’est nullement destinée aux parents mais revient de plein droit à la mariée.
Cérémonie religieuse
La cérémonie religieuse a deux facettes : une partie administrative et une autre qui concerne les festivités. Pour le côté administratif du mariage religieux, c’est tout simplement un moment durant lequel aux yeux de témoins on doit montrer la dot, l’engagement des deux personnes qui souhaitent se marier, en officialisant la demande et l’acceptation comme cela se passe un peu près à la mairie. Par la suite, la personne chargée de les unir fait un discours dans lequel, il rappelle les fondements du mariage et aussi les règles qui lient les époux. Quant aux festivités, elles sont laissées à l’appréciation des intéressés pourvu qu’elles ne sortent pas du cadre islamique.
Mariage blanc
Le mariage dans l’islam est conçu pour durer. De ce fait, c’est un engagement pour toujours, c’est la raison pour laquelle le mariage temporaire a été banni par l’islam sunnite, car il n’est pas fait pour durer. Donc, tout mariage islamique qui s’est fait dans le but de tricher ou de tromper est nul. A ce sujet, faut-il rappeler qu’en France la législation est claire.
Se marier avec un(e) converti(e) ?
Les repentis ou convertis ont un grand mérite aux yeux de la religion car la race humaine n’est rien d’autre que « la race des pécheurs ». En ce sens, notre maître le prophète, paix et salut sur lui, dit : « Tous les fils d’Adam sont des pécheurs et les meilleurs des pécheurs sont les repentis » (Tirmidhi). Par conséquent à partir du moment où un individu se convertit ou se tourne vers son seigneur alors, il devient un frère à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. « S’ils se repentent, accomplissent la prière et s’acquittent de la zakat, alors ils sont certes vos frères dans la foi » s.9 v11. De plus, il est à préciser que les meilleurs des hommes après les prophètes sont tous (les compagnons) des convertis à l’islam. Donc il n’y a pas de discrimination à faire vis-à-vis des nouveaux musulmans pour ce qui est du mariage. Dans le cas où, l’on pourrait être amené à douter des raisons qui ont poussé certains à la conversion comme il est parfois le cas alors, rien n’empêche de chercher à en avoir le cœur net comme l’a souligné Dieu, dans le Saint Coran : « Ô vous qui croyez ! Quand des croyantes se présentent en réfugiées auprès de vous, mettez leur foi à l'épreuve, bien que Dieu soit le mieux Informé de la sincérité de leur foi. Si vous êtes convaincus qu'elles sont de vraies croyantes, ne les renvoyez pas aux infidèles, car, désormais, elles ne sont plus licites pour eux ni eux licites pour elles… » S60 V10.
Les conditions de validité d’une union islamique
Pour valider l’union islamique il faut cinq conditions :
Le consentement des deux concernés.
Deux témoins au minimum.
Le tuteur pour une femme qui n’a jamais connu le mariage auparavant (sauf pour les hanafis qui ne prennent pas en compte cette condition.).
Quant à la femme qui a déjà été marié, il ne lui est pas imposé d’avoir un tuteur et peut donc se représenter elle-même.
La dot.
L’officialisation de la demande et l’acceptation
Mariage en période de menstrues
La période de menstrues n’empêche en aucun cas la célébration du mariage islamique et la validité de celui-ci même s’il faudra attendre l’arrêt des saignements pour pouvoir consommer le mariage. Afin de ne pas tenter les nouveaux mariés, les oulémas recommandent l’arrêt des menstrues pour célébrer l’union mais ceci n’est qu’une simple recommandation.
Cérémonie religieuse
La conversion est un acte choisi qui nous met face à des responsabilités. Elle ne doit pas être dans l’optique de gagner le profane ou de tromper, ou tout simplement pour se marier. « Les actions ne valent que par leurs intentions et chacun n'a pour lui que ce qu'il a eu réellement l'intention de faire. Celui, qui émigre pour Dieu et Son Messager, son émigration lui sera comptée comme étant pour Dieu et Son Messager. Et celui, qui émigre pour acquérir des biens de ce bas-monde ou pour épouser une femme, son émigration ne lui sera comptée que pour ce vers quoi il a émigré » (Bukhari). La conversion de cette personne est donc aux yeux d’Allah Le Très Haut nulle même s’il est quasi impossible pour le commun des mortels de connaître réellement les motivations d’une personne.
Mariage temporaire
Le mariage temporaire consiste à s’unir pour une durée déterminée courte ou longue. Cette union n’a pour ambition ni de fonder une famille ni de vivre ensemble dans l’amour et l’affection. Elle consiste plutôt à assouvir les plaisirs charnels de chacun. Cette union temporaire est invalide et non acceptée par l’islam sunnite car elle ne respecte pas les règles et les raisons pour lesquelles Dieu Le Très Haut nous a demandé de nous marier comme la stabilité, la continuité du couple ou encore la fondation d’une famille : « Allah vous a fait à partir de vous-mêmes des épouses, et de vos épouses Il vous a donné des enfants et des petits-enfants. Et Il vous a attribué de bonnes choses. Croient-ils donc au faux et nient-ils le bienfait d'Allah? » s.16 v72. Et l’Imam Muslim rapporte de notre maître le prophète, paix et salut sur lui : « O vous les hommes ! Je vous ai autorisé le mariage temporaire et Allah a désormais interdit cela jusqu’au Jour de la Résurrection..»
Le mariage, entre le culte et la culture
Le mariage, selon l’islam, est validé par cinq conditions à savoir : le consentement des deux parties, la dot, les témoins, la demande et l’acceptation et le tuteur (sauf dans l’école hanafiya) du moment où ces conditions sont respectées le mariage est religieux. Les festivités et ce qui les accompagnent sont laissées à l’appréciation de chacun selon sa culture, ses coutumes et ses traditions, ou encore son choix personnel pourvu de ne pas entraver les règles établies par la pudeur et la foi.
Me marier sans en parler a mes parents
Dans l’école juridique de l’imam Abou Hanifa, que Dieu lui fasse miséricorde, on considère que toutes personnes, hommes ou femmes, âgées d’au moins 17 ans sont majeures, responsables d’elles-mêmes et donc libre de leurs agissements. Elles peuvent alors se marier sans l’autorisation de leurs parents, les aviser avant relevant plus du bon sens que de l’obligation théologique. C’est cette vision juridique qui est appliquée dans la majeure partie des pays musulmans tel la Syrie, l’Egypte ou encore le Maghreb. Quant aux autres écoles, elles ne rejoignent les hanafis que dans le cas où l’intéressé serait un homme, mais donne quand même à la femme le droit de saisir le qadi (juge islamique) si elle se considère lésée. Cette réponse concerne le droit islamique, quant au droit français la majorité s’exerce à 18 ans.
Mariage ou divorce forcé.
Allah L’éternel a crée l’homme et lui a conféré des droits fondamentaux et inaliénables parmi lesquels : la liberté de croire ou non. L’exercice de la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne comporte pas de nuisance vis-à-vis de l’autre et qui assurent aux autres la jouissance de ces mêmes droits. Que cela soit dans la liberté de culte : « nulle contrainte dans la religion » s.2 v256 ou autre. En ce qui concerne la décision de s’unir ou de se désunir l’islam est clair : le divorce de celui qui en a été contraint est nul . Bukhari rapporte que notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, annula le mariage d’une femme médinoise s’appelant Al-Khansâ’ Bint Khidhâm car son père l’avait mariée contre son gré et à notre maître de lui dire: « Ton mariage est nul. Épouse qui tu veux. » et par la suite l’intéressée déclara : « J’ai voulu que les gens sachent qu’il n’appartient point aux parents de forcer leurs filles à se marier avec quiconque ». Il faut rappeler qu’il n’est pas licite de jouer avec les sentiments des autres même si ce sont les parents qui le font car même si ils ont une place sacrée dans la vie de leurs enfants l’islam ne permet pas d’unir ou de défaire une union sous la contrainte. Si telle est la volonté des parents, alors leur désobéir est une obéissance à Dieu : « Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais accompagne-les ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. » S.31 V15 et la règle prophétique est ainsi claire : « Point d’obéissance pour une créature à tel point de désobéir au Créateur » (Tirmidhi).
Le mariage civil ou religieux ?
Bien que la validité canonique de l’union islamique ne dépend pas de la reconnaissance civile car l’un se référant à l’humain et l’autre au Divin, cependant, le musulman français doit savoir que célébrer son union devant un imam doit intervenir après le civil car l’article 433-21 du code pénal français est clair : « Tout ministre d'un culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l'acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l'état civil sera puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende ».
Se marier avec une personne qui ne prie pas.
La prière ne fait pas partie des conditions de validité du mariage. Tous les oulémas s’accordent à dire que la pratique ou non des rituels n’a aucune incidence sur le mariage. Même le pécheur a droit de fonder une famille. A ce titre, notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, dit : « Tous les fils d’Adam sont des pécheurs et les meilleurs des pécheurs sont les repentants » (Tirmidhi). La preuve de la validité du mariage est le fait même qu’un musulman peut épouser une non musulmane.
Le mariage entre musulman et non musulman
Les quatre écoles juridiques sunnites s’accordent sur ceci :
Il est permis au musulman d’épouser une femme de même confession ou bien encore une femme de confession juive ou chrétienne comme le confirme le verset 5 de la sourate 5.
En revanche, l’islam ne permet pas à la musulmane contrairement à l’homme de s’unir avec un non musulman.
Se marier avec femme sans foulard
Parmi les conditions qu’imposent notre foi en vue de s’unir avec son futur époux ou épouse, le port du voile n’en fait pas parti.
Mais ceci relève plutôt d’une pratique pudique aussi importante que dans ses actes et paroles. Face à la bonne moralité le foulard ne fait pas le poids. Cette réponse ne remet en aucun cas en cause le fait que le port du voile soit pour la femme musulmane une prescription divine.
Que veut dire le mariage est la moitié de la foi ?
Cette expression nous vient de la parole de notre bien-aimé le prophète, paix et salut sur lui, qui dit dans un hadith : « Lorsque le serviteur se marie, alors il a complété la moitié de la foi; qu'il craigne donc Allah dans la moitié restante » (Bayhaqi). Pour le comprendre, il faut retourner vers le Noble Coran, qui dans plusieurs versets, a démontré que le but de l’homme sur Terre repose sur deux choses : peupler la Terre et adorer son Créateur. Et lorsque le musulman s’adonne à l’adoration de son seigneur, il accomplit en effet une partie des exigences de sa foi : « O vous les hommes, adorez votre seigneur, celui qui vous a crée ainsi que ceux d’avant vous afin de vous prémunir. » s.2 v21. Et pour concrétiser l’autre partie, c'est-à-dire peupler la Terre et garantir la pérennité de l’espèce : « C’est Lui qui vous a crée de terre et vous a sommé de la peupler. » s.11 v61, le mariage reste le seul modèle matrimonial admis par l’islam d’où son importance.
Limites des fiançailles
Se fiancer ne signifie en rien se marier. Ainsi, il faudra pour l’homme et la femme respecter les limites établies par Allah L’exalté, qu’il ne faut en aucun cas transgresser. Ils devront faire preuve de pudeur et de retenue jusqu’à ce que le mariage les unissent même si, les fiançailles offrent un caractère de rapprochement plus notable que lorsque l’on n’est pas fiancé.










